APRMEQ

Les lectures présentées en 2009

16 décembre 2009
18 novembre 2009
21 octobre 2009
16 septembre 2009
20 mai 2009
15 avril 2009
18 mars 2009
18 février 2009
21 janvier 2009


 


Titre : Cantique des Plaines
Édition : Actes Sud, Collection Babel, 1993, 318 p.
Auteure : Nancy Huston

Il s’agit d’un roman écrit d’abord en anglais par une romancière et essayiste canadienne anglophone qui l’a traduit elle-même en français. Les deux versions sont parues simultanément. Ce roman a reçu le prix du Gouverneur général du roman et nouvelle de langue française en 1993, ce qui a suscité un tollé de la part de certains puristes.

Le roman raconte la vie du grand-père décédé de la narratrice, Paula, qui lui écrit une longue lettre d’adieu, à la deuxième personne du singulier de l’imparfait. A partir d’un manuscrit quasi indéchiffrable, elle raconte les tribulations, les interrogations, les doutes, les rêves, les amours les écarts de conduite, les infidélités de son grand-père albertain adoré. Ce dernier a toujours rêvé, sans succès, d’écrire un traité philosophique sur le temps, lequel rêve a perturbé toute sa vie.

Les chapitres, non numérotés, se succèdent dans un désordre chronologique. L’auteur utilise surtout de longues phrases où se côtoient le lyrisme, la poésie, les images crues et l’irrévérence. J’ai l’impression que l’auteur a utilisé le prétexte de son personnage principal pour régler ses comptes avec Dieu, la religion, les missionnaires, les institutions et même la civilisation occidentale qui a détruit la civilisation amérindienne.

Il faut lire au moins les cinquante premières pages pour s’habituer au rythme et au style. Cette étape franchie, on ne peut que se rendre à la dernière page.

Présentation : Gaston Bernier
 

Titre : L'atelier de poésie, no 12
Session d'automne 2009, 25 p.
Auteurs : Le groupe de poésie de l'U. Laval
prof. Michel Pleau

En plus de la présentation générale, certains textes ont été lus.

Présentation : Micheline Roberge
 

La vie de Robert Shumann (1810-1856)
Trois ouvrages biographiques
Présentation particulière : en effet, il ne s’agit pas d’une présentation d’un livre, comme on le fait habituellement au club de lecture, mais les grands traits de la vie d’un musicien à partir des 3 ouvrages biographiques ici mentionnés.

  • Boucourechliev, André, Schumann, Solfèges, Seuil, 1995, 190 pp.
  • François-Sappey, Brigitte, Robert Schumann, Fayard, 2003, 152 pp.
  • Dictionnaire de la musique, Larousse, 1996, pp. 1743-1746


« Le plus romantique des musiciens romantiques » (Boucourechliev, p. 5). « Un romantique au plein sens du terme, qui fait se dérouler sa vie et son oeuvre sur les seuls plans de l’intériorité, de la passion ... » (Dictionnaire de la musique, p. 1745). Robert Schumann a vécu à l’ère des grands musiciens romantiques. En effet, entre 1797 et 1813 naissent successivement Schubert, Berlioz, Mendelssohn, Schumann, Chopin, Liszt et Wagner. Beethoven était encore vivant et Brahms naîtra quelques années plus tard.

Robert Schumann se destinait soit à la poésie, soit à la musique. Il fusionnera les deux, notamment par la composition de quelque 246 lieders. Clara Wiek, elle-même musicienne et pianiste virtuose, sera le grand amour de sa vie. Schumann en fait sa muse et lui dédiera plusieurs oeuvres. Ils auront 8 enfants.

Plusieurs deuils secouent Schumann et provoquent des périodes intenses de composition : mort de son père, de sa mère, suicide de sa soeur, mort de son grand ami Mendelssohn.

Dans sa jeunesse, on lui prévoyait une grande carrière de pianiste de concert. Un problème avec sa main droite y mettra fin. Il se réfugie dans la composition (notamment pour Clara) et dans la critique musicale (il a édité une revue musicale pendant une grande partie de sa vie). Il sera également chef-d’orchestre. Comme tout grand musicien, il aborde tous les genres de musique : symphonies, lieders, opéras, ouvertures, musique de chambre, musique religieuse (messes, Requiem), musique instrumentale (concertos), etc.

Sa santé psychique est fragilisée non seulement par des deuils, mais aussi par des échecs (cf. difficulté à trouver un poste de chef-d’orchestre). Deux ans avant sa mort (1856), il se sent malade et demande lui-même à se réfugier dans une asile.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : Résumé - Le cours Éthique et Culture religieuse (ÉCR)
2009, 32 p.
Auteure : Joëlle Quérin

Référence : http://irq.qc.ca/journal/category/communiques

Présentation : André Beaudet
 

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Titre : La perte et le lien
Entretiens sur le cinéma, la culture et la société
Édition : Médiapaul, 2009, 174 p.
Auteurs : Simon Galiero
rencontre BERNARD ÉMOND

Les films de la trilogie des vertus théologales de Bernard Émond ont suscité à la fois l'admiration et le questionnement sur la portée et la pertinence de leurs références culturelles et religieuses. Intitulée La perte et le lien, la publication de trois entretiens entre le cinéaste et un collègue relate certains aspects de la démarche cinématographique et tente de justifier le choix de thèmes inattendus.

Que trouve-t-on dans ces trois entretiens ?

Le premier entretien Parcours raconte des apprentissages marquants : les efforts inspirants exigés d'un prof. de littérature; l'importance d'un humanisme apprise des sciences humaines; la fragilité de la culture et le tragique de la perte pour la société observés lors d'un séjour chez les Inuit; le fonds culturel québécois à trouver loin de la ville et de toutes formes du néolibéralisme.

L'entretien Les vertus théologales devient le plus intéressant par ses informations sur les données cinématographiques des productions successives. Au plan des idées, on croit comprendre que la foi La neuvaine ne guérit pas l'inguérissable; l'absence de Dieu demeure et le doute restant laisse un sentiment d'inaccompli et d'un achèvement à formuler. L'espérance Contre toute espérance suggère que, malgré l'inguérissable, l'humain à soutenir et à raviver paraît la seule raison de vivre. Enfin la charité, sous le terme Donation, constitue la solution de continuité par la pratique du don, de la solidarité et de la transmission des héritages.

Le troisième entretien Les réflexions complémentaires rassemble des précisions qui ne satisfont pas et qui déçoivent en côté plusieurs points : un pessimisme à répétitions, une glorification d'un passé paysan, rural, catholique; un oubli des acquis et des valeurs nouvelles et plus jeunes; l'actif des contributions culturelles immigrantes. En somme, un 3e entretien sous le thème d'un conservatisme de gauche qui ne fait rien avancer, sauf le nombre de questions en plan. Comme une perte et un lien sans avenir !

Un journaliste écrit :
Aujourd'hui, le cinéaste est habité par une inquiétude devant la crise culturelle et morale qui frappe la société québécoise. « J'ai le sentiment, lance-t-il, de vivre dans une culture qui est en train de s'autodétruire par manque d'intérêt, que ce fonds culturel canadien-français qui informe toute notre culture est en train de se perdre carrément. »
- Louis Cornellier, Bernard Émond ou la résistance tragique. Le Devoir, 1er novembre 2009, page F 10.

Présentation : Marcel Ross

En complément, une contribution d'André Beaudet :

Quelques commentaires suggérés par la lecture de La perte et le lien de Bernard Émond
  
- D’abord, Marcel, merci de m’avoir prêté ce volume que j’ai lu avec appétit (quel substantif pour décrire le plaisir de lire ce livre !). Suite à la présentation que tu en avais faite à l’atelier de lecture de la semaine dernière, je savais que j’aimerais ce livre mais je n’avais pas réalisé que j’y trouverais quelque chose d’aussi fondamental.
- Un lien entre Bernard Émond et nous, ex du MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION : il parle dans son livre de sa conjointe, Catherine Martin et de son beau-père, Yves Martin, sociologue qui, (Émond ne le dit pas) incidemment, fut sous-ministre de l’éducation après Arthur Tremblay, à la fin des années 60 et début 70. Un grand sous-ministre, d’ailleurs. Lui et Tremblay avaient mis la barre pas mal haute pour leurs successeurs et peu ont été à la hauteur. Très peu. Yves Martin et Bernard Émond, quelles conversations doivent-ils avoir !
- Juste avant la lecture du livre de Émond, j’ai lu une biographie de J.M. Keynes, qui, je le crois, fut le plus grand économiste du XXe siècle. Un lien entre les deux livres : en arrière toile de l’action de Keynes, sa vision de ce qu’il défendait: les grandes valeurs de la civilisation occidentale, l’esprit scientifique et la société de droit. On n’est pas très loin des propos de Émond.
- Le parcours exposé dans la 1ere partie du volume pourrait être celui de bien des Québécois qui ont eu « une enfance à l’eau bénite » et qui ont eu une formation classique. Je crois que j’aurais pu signer plusieurs de ces pages.
- Incidemment, j’ai vu toute l’oeuvre de fiction de Émond, c’est-à-dire les 5 films de fiction qu’il a réalisés. (Le dernier, La donation, est mon préféré ). - La 2e partie du livre qui explique la trilogie de la foi, l’espérance et la charité et de leur incarnation dans trois films, puise au fond de notre culture catholique québécoise.
- Ce chapitre, qui nous introduit à une vision laïque et athée des vertus théologales, nous amène tout naturellement à la 3e partie qui porte sur sa vision de la société québécoise, vision que je trouve particulièrement féconde malgré son caractère quelque peu aride (non au sens de lecture aride mais à celui de plan d’action exigeant tant individuellement que collectivement).
- Bernard Émond, un catholique mécréant, un conservateur de gauche. Que j’aime sa vision laïque et athée du Discours sur la montagne. Il rejoint un des grands courants contemporains de la laïcité et de l’athéisme qui l’éloigne de Michel Onfray bien sûr, mais le rapproche d’autres grands noms tout aussi prestigieux : Luc  Ferry,  André Comte-Sponville, tant d’autres, Albert Camus aussi et, plus loin encore en arrière, de Kant lui-même, malgré le choix de la foi de ce dernier.
- Sa vision du Québec exposée dans la 3e partie du livre est extrêmement porteuse. Noble et élevée. Et pourtant, tellement familière, tellement enracinée dans notre culture. Que j’aimerais que madame Marois s’en inspire dans ses discours, ses actions et sa façon d’être. Dans son projet de loi sur les valeurs fondamentales du Québec, aussi.
- J’ai recommandé la lecture de ce livre à mon frère Pierre  à qui je fais également parvenir le présent texte.

25 novembre 2009

 

Titre : Un monde sans fin
Édition : Robert Laffont, 2008, 1284 p.
Auteur : Ken Follett

Grande fresque épique du XIVe siècle en Angleterre, autour de la ville de Kingsbridge, de sa cathédrale, de son pont, de ses foires, de son prieuré et de son développement social et industriel.

Entre 1327 et 1361, Ken Follett nous fait partager le génie d’un architecte, la quête de liberté d’une femme idéaliste, l’ambition d’un moine, le goût du pouvoir ou la soif de vengeance d’un chevalier. Tous ces personnages se battent pour réaliser leurs ambitions dans un monde rude, en quête de survie et de bonheur, incité à la guerre, terrassé par des famines et ravagé par la peste noire.

Cette fresque « historique » décrit l’organisation sociale dans le cadre d’une structure féodale, dans laquelle le pouvoir est partagé entre l’église et les seigneurs. On assiste cependant à la naissance d’une classe industrielle et des premiers moments d’une mise en place d’une structure civile.

Les personnages sont profondément humains : grandeurs d’âme, amour, foi, altruisme, mais aussi infidélités, haines, mesquineries et malhonnêteté.

Pourquoi Ken Follett a-t-il choisi un tel titre « Un monde sans fin »? Faut-il y voir une conviction que l’homme et les sociétés réussissent toujours à vaincre les fléaux de la maladie, de la nature, de la bêtise humaine et, finalement, à trouver le bonheur?

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : La mort et l’immortalité
- Encyclopédie des savoirs et des croyances
Édition : Bayard, 2004, 1685 p.
Auteurs : Frédéric Lenoir et
Jean-Philippe de Tonac

Dans un premier temps, l’un des 60 auteurs, Edgar Morin, revient sur les angoisses millénaires de l’humanité devant la mort. Différents auteurs racontent l’odyssée du corps et de l’âme, des vestiges de la préhistoire jusqu’aux ambitions contemporaines : clonage, rajeunissement des cellules, désir d’immortalité corporelle… La mort est-elle un événement ou un processus?

Les deux directeurs ont fait appel aux meilleurs spécialistes : Jean Delumeau pour le christianisme; Michel Hulin pour l’Inde; Jacques Brosse pour le bouddhisme; Régis Boyer pour les civilisations nordiques. D’autres traitent abondamment de l’Islam de même que des civilisations africaines.

Cette encyclopédie traite, de façon objective, des croyances et des rites liés à la mort et à l’Au-delà qui ont contribué, d’une façon ou d’une autre, à façonner notre imaginaire collectif et individuel d’affronter l’angoisse de mourir et nourrir nos interrogations sur l’Au-delà.

Les différentes approches philosophiques anciennes ou modernes de même que les croyances et les rites des différentes religions tiennent-ils encore la route dans la post-modernité? Que penser de la cryologie pour échapper à la mort, de l’euthanasie, du suicide? Que penser du phénomène de la banalisation de la mort observable, particulièrement en Occident, depuis quelques décennies?

Aucun sujet, aucun tabou, aucune question concernant la mort n’est évitée. C’est véritablement une encyclopédie.

Présentation : Gaston Bernier
 

Titre : Oeuvres complètes
Édition : Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard , 1983, 1853 p.
Auteur : Dante

L’homme
Dante Alighieri, poète, homme politique et écrivain est né en 1265 à Florence et est mort en 1321, en exil, à Ravenne. Sa mère, Gabriella, mourut en 1272. Son père, qui louait des propriétés et était prêteur sur gages, emménagea avec une nouvelle compagne et décéda en 1280. En 1274, Dante aurait rencontré pour la première fois Béatrice, alors qu'elle n'a que neuf ans. Une deuxième rencontre eut lieu neuf ans plus tard (1283). Cet amour est sublimé dans Vita Nuova, composée entre 1292 et 1294, peu après la mort de Béatrice.
Quand Dante eut 12 ans, on négocia son mariage avec Gemma, de la famille Donati. Dante et Gemma eurent plusieurs enfants.
Dante joua un rôle actif dans la vie politique de Florence. Un conflit entre ceux qui appuyaient le pape dont la famille de Dante (les guelfes) et l’empereur (les gibelins), conflit à la fois militaire, politique et culturel, était particulièrement violent dans les cités telles Gênes et Florence. Dans les troubles qui agitaient alors l'Italie, Dante fut un guelfe ardent. Il remplit avec succès un grand nombre de missions politiques et fut nommé prieur (un des magistrats suprêmes de l'exécutif) de Florence en 1300. Mais les guelfes, qui dominaient à Florence, se divisèrent entre les Noirs, favorables au pape Boniface VIII, et les Blancs, partisans d'une plus grande autonomie de la ville. Dante s'engagea de plus en plus fermement du côté des guelfes blancs, contre la politique d'ingérence du pape. En 1301, Dante, en voyage, apprend qu'il est condamné pour concussion, gains illicites et insoumission au pape. Un deuxième procès, en mars 1302, le condamne au bûcher. Ses biens sont confisqués, il est exilé et ne reviendra jamais à Florence.
Sa tombe se trouve à Ravenne, et, encore aujourd'hui, les Florentins voudraient bien récupérer son corps que Ravenne refuse de lui restituer.

L’oeuvre
De vulgari eloquentia, en latin, traite de l'origine des langues et analyse des différents dialectes italiens. Il Convivio, en toscan, aborde les sujets habituellement traités en latin tels que : les hiérarchies angéliques, la philosophie et la science comme voies de l'épanouis-sement de l'homme, l'exaltation de la noblesse etc. De Monarchia, en latin, traite notamment des rapports entre l'empereur et le pape qui tirent leur autorité de Dieu, chacun devant l’exercer dans son champ de souveraineté : le spirituel pour le pape et le temporel pour l'empereur. Dans ce traité, jugé hérétique et mis à l'index, Dante apparaît gibelin. Quaestio de aqua et terra est un court traité portant sur les positions respectives de l'eau et de la terre et vise à prouver que l'eau n'est nulle part plus haute que les terres émergées. Le recueil des Rimes réunit 54 pièces et est un véritable lieu d'expérimentation poétique.
La Divine Comédie, Dante en commence la rédaction dès 1306 et la poursuivra jusqu'à sa mort. L'oeuvre initiale portait le nom de « Commedia », mais, par la suite, les éditeurs lui ont adjoint le qualificatif de « divina ». L'oeuvre raconte le voyage imaginaire du narrateur qui se retrouve brusquement plongé dans une forêt sombre. Là, il rencontre Virgile qui l'invite à pénétrer dans le monde de l'au-delà. Dante le suit, descendant d'abord à travers les neufs cercles de l'enfer, gravissant ensuite les sept gradins de la montagne du purgatoire jusqu'au paradis terrestre et enfin, s'élevant dans les neuf sphères concentriques du paradis. Virgile ne peut aller plus loin que la porte du paradis car né avant la venue du Christ. Béatrice, sa muse, guidera Dante dans le ciel puis saint Bernard le conduira jusqu'à la vision suprême.
Cette oeuvre monumentale, ce pur chef-d’oeuvre, offre de nombreuses lectures : voyage initiatique, récit du parcours personnel de Dante, manuel théologique, oeuvre morale, réflexion sur la recherche du salut éternel...

Présentation : André Beaudet
 

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Titre : Martha, Feuilleton épistolaire
Édition : 2 lettres/mois envoyées par l'Auteure, 2008
Auteure : Marie Laberge

Ce feuilleton épistolaire raconte l’histoire de Martha, une québécoise ordinaire, divorcée qui  travaille comme fleuriste. Dans ses lettres, elle parle de ses activités, de ses grands et petits enfants, de son nouveau compagnon, de ses ami(e)s, etc. Elle fait part, comme à une ou un ami, de ses réflexions sur la vie de tous les jours d’une femme d’âge mûr dans la société québécoise actuelle. Elle fait aussi état de ses émotions et de ses aspirations.

Les lecteurs s’abonnent et reçoivent deux lettres par mois. Actuellement 42,000 personnes se sont abonnées. Le coût de l’abonnement pour une année est de 37,25 $. Les hommes et les femmes reçoivent par la poste des lettres distinctes. Le récit est le même mais te ton et le style sont différents.

Quand elle a lancé l’entreprise en 2008, Marie Laberge a avoué qu’elle s’aventurait dans l’inconnu, puisque personne n’a tenté ce genre de projet ici. Compte tenu du succès l’auteure a annoncé récemment qu’elle poursuivra l’écriture de son feuilleton jusqu’en 2011.

L’auteur Marie Laberge est né à Québec en novembre 1950. Elle a étudié en journalisme et a exercé le métier de comédienne à Québec avant d’aborder la mise en scène et l’enseignement en art dramatique. Elle a écrit une vingtaine de pièces de théâtre qui ont toutes été jouées. Depuis 1989, elle a publié 8 romans, dont une trilogie « Le goût du bonheur ». Elle s’est méritée plusieurs prix.

Poème à rêver inspiré de l'événement Moulin à Paroles

Moulin à paroles
moulin à souvenirs
tantôt sombres
tantôt lumineux

Palabres des québécois prononcées entre deux rives
Paroles inoubliables
Des hommes et des femmes qui ont dessiné notre histoire

Moulin à paroles ou silence
obligé par une trop petite fleur delisée

Cri sourd, au bord d’un fleuve, qui se cherche une amarre

Moulin nostalgique
Briseur de silence
Tes ailes battent encore pour ceux qui se souviennent

Moulin à rêver
éveillé
d’une barque à nous

Micheline Roberge
14 septembre 2009

Présentation : Micheline Roberge
 

Titre : Une brève histoire des idées de Galilée à Einstein
Édition : Fides, 2008, 283 p.
Auteur : Claude Boucher

L’auteur, Claude Boucher, ex-professeur à l’université de Sherbrooke, dans un exceptionnel ouvrage de vulgarisation, démontre comment les grandes idées ou découvertes qui ont marqué l’humanité ont d’abord été perçues comme inacceptables, ou même comme une attaque contre la raison, la société et surtout contre la religion .

Autour de six grands penseurs, philosophes, mathématiciens ou scientifiques (Galilée, Harvey, Pascal, Darwin, Freud et Einstein) Claude Boucher nous présente une bonne centaine « d’intermédiaires » dont le rôle est fascinant. Cette histoire des idées plonge ses racines dans les oevres d’Aristote, de Platon, de Socrate, de Copernic, de saint Augustin, de saint Thomas d’Aquin et autres penseurs qui croyaient détenir la Vérité.

Il ne s’agit évidemment pas d’une lecture de détente au même titre qu’un roman, ce qui n’enlève rien à son intérêt. Ces 283 pages tracent une sorte de tableau d’ensemble fort intéressant portant sur la philosophie, la théologie et la science ainsi que sur les liens ou plutôt l’interaction, entre elles, dans l’évolution des idées au cours des siècles.

Présentation : Gaston Bernier
 

Titre : 1776
Édition : ADA, Montréal, 2007, 493 p.
Auteur : David McCullough

1776 relate histoire de ces hommes qui se battirent à Boston, New-York, Trenton, avec le général George Washington durant l’année 1776, celle de la Déclaration d'indépendance (4 juillet) des 13 colonies unies qui allaient devenir les États-Unis d’Amérique.

Archives américaines et anglaises, journaux personnels, correspondance officielle et personnelle, McCullough a véritablement exploité toutes les sources possibles pour décrire les chefs militaires américains et anglais, recréer les évènements qui se sont déroulés cette année-là et la façon dont ils ont été vécus et souvent décrits dans leur correspondance et leur journal personnel par les personnes qui y ont pris part.

Un récit fouillé, saisissant et captivant de la Révolution telle que vécue par les hommes de Washington (la première armée américaine), les loyalistes américains restés fidèles à Georges III, les tuniques rouges anglaises, les mercenaires hessois (allemands), les politiciens, somme toute, par ces hommes et ces femmes de tout métier et de tout acabit engagés, de gré ou de force, sur les sentiers de la révolution.

L’auteur : David McCullough, historien, éditeur, écrivain

Né le 7 juillet 1933, David McCullough a une formation en littérature anglaise de l’université Yale. Il s’est rapidement spécialisé dans la production de documents historiques (articles, récits historiques, biographies). The Johnstown Flood, son premier livre fut publié en 1968. Il a aussi écrit la biographie de présidents américains T. Roosevelt, Harry Truman et John Adams, ces deux dernières ayant donné lieu à des séries télévisées. Il a produit des livres majeurs sur le pont de Brooklyn et le canal de Panama. Il a produit et narré le texte de plusieurs films documentaires à caractère historique.

Présentation : André Beaudet
 

Titre : Soie
Édition : Gallimard (Folio 3570), 2001, 144 p.
Auteur : Alessandro Baricco

« Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oefs sains ............. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable. » (Gallimard)

Soie a fait l'objet d'une adaptation cinématographique réalisée en 2007 par François Girard, une coproduction canado-franco-italo-anglo-japonaise. À voir !

Présentation : Aline Paquet
 

Titre : The Year of Magical Thinking
Édition : Vintage International, 2005, 240 p.
Auteure : Joan Didion

L’écriture de The Year of Magical Thinking commence 10 mois après la mort de son mari, le journaliste et auteur John Gregory Dunne, le 30 décembre 2003, suite un infarctus massif survenu un soir à leur domicile de New York alors qu’ils s’apprêtaient à dîner après une visite à leur fille qui reposait à l’hôpital à la suite d’une pneumonie suivie d’un choc septique et qui devait elle-même décéder 1 an et demi après la mort de son père, victime, elle d'une pancréatite aigue.

Dans un style clair, éloquent, très sobre mais très poignant, elle raconte cette mort, mais surtout ce que cette mort fait d’une femme qui a aimé et travaillé de façon fusionnelle avec  cet homme pendant plus de 50 ans. Comment elle arrive à survivre à cette séparation brusque qui la prive de l’amour de sa vie.

C’est très personnel et en même temps universel. J’imagine que toute personne qui a perdu un proche pourra s’identifier à ce discours qui est en fait une longue lettre à l’être aimé.

C’est un livre qui m’a bouleversée et qui m’a longuement poursuivie. Il a valu à son auteure le U.S. National Book Award

Qui est Joan Didion?

Madame Didion est une journaliste, une scénariste, une auteure qui a écrit 5 romans, d'importants essais, de nombreux articles publiés dans de prestigieuses revues américaines et, en collaboration, plusieurs scénarios de films. Elle vit à New-York.

Présentation : Sylvie Malaison
 

Titre : Musicophilia : la musique, le cerveau et nous
Édition : Seuil, Paris, 2009, 472 p.
Auteur : Oliver Sacks

L'intérêt du livre

Musicophilia se base sur l'idée de la présence universelle de la musique en occupant une place important dans toutes les sphères de la vie, communautaire et personnelle. Elle est le premier véhicule de la communication humaine, avant le langage logique et construit. Le cerveau est le moteur de ce phénomène.

Les observations du neurologue lui apprennent que la musique a des effets très profonds sur les patients intensément parkinsoniens, qu'elle influe «sur chaque aspect ou presque du fonctionnement cérébral – et de la vie... » et que les patients «sont potentiellement en mesure de réagir à la musique et de bénéficier d'une musicothérapie» (p.14).

Pour O. Sacks, il devenait important de s'arrêter à ce rapport de la musique avec le cerveau et à écrire sur le sujet. Son ouvrage constitue un recueil d'anecdotes d'analyses sur certains cas limites de sa pratique et de sa recherche. L'observation et la description sont les appuis indispensables aux technologies de pointe : «... écouter mes patients, imaginer leurs expériences et se familiariser avec leurs vécus».

Chacune des quatre parties des récits cliniques mettent en évidence des relations inattendues entre musique et cerveau, entre soins et résultats, entre les recherches et leurs limites. Chaque partie fait découvrir un aspect de la  musicothérapie :

  1. des phénomènes (ex.: accidents, crises, épilepsie, imagination, obsession, hallucinations) entraînant un surgissement soudain et inattendue de la musique;
  2. des formes de musicalité différente dues aux particularités des sens et de la sensibilité (ex.: amusie, oreille absolu,deux oreilles en stéréo, cécité, musicien savant);
  3. la mémoire et le mouvement initié par la musique : (ex.: amnésie, aphasie, cantilation, pianiste manchot);
  4. l'émotion et l'identité jumelées à la musique : (ex.: rêve musicaux, mélancolie, démence).

Il faut noter enfin la qualité et surtout l'utilité pédagogique de l'Index qui établit un lien de compréhension important entre la nomenclature des maladies et les anecdotes retenues.

L’auteur : Oliver Sacks

Né le 9 juillet 1933, Oliver Sacks étudie en médecine à l'U. d'Oxford. À New York depuis 1965, il pratique le neurologie. Il devient professeur de Neurologie et Psychiatrie au Columbia U. Medical Center, à Albert Einstein College of Medecine et à l'U. de New York.

D'abord connu pour son travail à Beth Abraham Hospital auprès des survivants de l'épidémie d'encéphalite léthargique des années 1920 (son livre L'Éveil - 1966), il collabore au développement de la musicothérapie avec l'Institut for Music and Neurologic Function.

Il est par la suite renommé comme poète de la médecine contemporaine pour ses récits cliniques à propos de certaines maladies chroniques et leurs rapports avec le fonctionnement du cerveau.

Présentation : Marcel Ross
 

Titre : Lire sans papier

Google offrira le service Editions aux vendeurs de livres en 2010

Le géant du Web Google offrira l'an prochain aux vendeurs de livres un nouveau service appelé Google Editions, qui permettra aux lecteurs d'acheter des livres en ligne pour ensuite les lire sur une variété d'appareils électroniques portatifs.
Ce sera la première fois que Google - qui a lancé le service Google Books en 2004 - tentera de générer des profits avec les livres. Cette initiative le placera aussi en concurrence directe avec le service Kindle d'Amazon.

Un porte-parole de Google a indiqué que le prix de chaque livre sera déterminé par la maison d'édition qui en détient les droits. Entre 400 000 et 600 000 titres devraient être disponibles pendant le premier semestre de 2010.

L'annonce a été faite jeudi dans le cadre du 61e Salon du livre de Francfort. Les livres achetés de Google et ses partenaires pourront être lus sur n'importe quel appareil muni d'un fureteur, comme les téléphones intelligents, les ordinateurs portatifs ou personnels, et les miniportatifs. Les livres seront aussi disponibles en mode autonome, ou hors ligne, après la première consultation.

Google récoltera 55% des profits et en redistribuera ensuite une «large portion» aux détaillants, selon le porte-parole. Le reste sera remis aux maisons d'édition.
Voir : http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2009/10/20091015-110435.html.

Présentation : Louis Lemieux
 

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16 septembre 2009

Reprise des activités pour l'automne 2009
Quelques souvenirs en photos



Titre : Taxi pour la liberté
Édition : Libre Expression, 1999, 382 p.
Auteur : Gilles Gougeon

« Taylin, dix-neuf ans, cherche sa liberté. Élevée en Allemagne depuis sa naissance mais contrainte par sa famille de retourner en Turquie, elle se sent prisonnière des valeurs traditionnelles musulmanes. Déterminée à vivre sa vie selon ses propres principes, elle décide de fuir et parcourt l’Europe à la poursuite de son identité. Sa quête, riche en rencontres et en bouleversements, la mènera plus loin encore qu’elle ne l’aurait imaginé ».

La carrière journalistique de Gilles Gougeon lui a donné de voyager et d’entrer en contact avec diverses cultures. Il décrit la vie de ses personnages dans leur réalité quotidienne. On sent dans sont style l’influence de sa carrière de journaliste. Les personnages de ce roman vivent intensément des chocs interculturels à travers des situations difficiles d’immigrés. Ils découvrent quand même des valeurs humaines qui viennent alimenter la quête de la liberté.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : 23 heures pour sauver Paris
Édition : Éditions l'Archipel, 1998, 519 p.
Auteurs : Madelin, Philippe et Ramonet, Yves

« Et si, demain, un parti d’extrême droite, ne parvenant pas à ses fins par la voie des urnes, décidait d’accéder au pouvoir, quel qu’en soit le prix…

« Et si, disposant de moyens considérables – des armes lourdes, des mercenaires, des militants fanatisés, de l’argent -, ce même parti lançait une action d’une violence et d’une envergure sans précédent… »

« Et si, par sa connaissance des points névralgiques de la Capitale – eau, électricité, réseaux de communication -, il réussissait à prendre la ville entière en otage… »

« 23 heures pour sauver Paris est un roman. Si les faits qui y sont rapportés relèvent de la fiction, ils reposent sur une documentation minutieuse, authentique. Et il s’en faudrait de peu pour que cette fiction ne devienne… LA RÉALITÉ. »

Description du fanatisme poussée à l’extrême. Description de la fragilité d’une ville comme Paris, ou de toute grande ville probablement. Description de l’impuissance des autorités civiles et militaires à réagir à ce genre de situation urgente, notamment à cause de dirigeants insouciants et incrédules, de la lourdeur des mécanismes de prises de décision, de luttes de pouvoir au sein des administrations. Roman amusant, mais aussi quelque peu terrifiant.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : La route (The Road)
Édition : L'Olivier, 2008, 246 p.
Auteur : Cormac McCarthy

La route, roman de Cormac McCarthy, est paru aux Etats-Unis en 2006 et a été traduit (magnifiquement, selon moi) par François Hirsch pour une édition française (Éditions de l’Olivier) en 2008. La route est paru en poche chez Points (P2156) en mai 2009. Plus de 2 millions de lecteurs aux Etats-Unis (Prix Pulitzer 2007, le James Tail Memorial Prize en 2006 et une entrevue de l’auteur, habituellement fort discret, chez Oprah Winfrey en juin 2007) et déjà quelques centaines de milliers en français. Un film en a été tourné (réalisation de John Hillcoat, scénario de Joe Penghall, avec Viggo Mortenson dans le rôle de l’homme) et a été présenté tout dernièrement au Festival international du film de Toronto.

Résumé du roman

Lors d’un cataclysme qui remonte à quelques années mais dont on ne connaîtra pas la nature et l’origine, le terre entière a été dévastée. Des incendies ont pratiquement tout ravagé, la faune et la végétation ont disparu, des cendres recouvrent tout, le soleil est masqué en permanence par un immense nuage. Quelques humains ont survécu, errent, n’hésitant pas à pratiquer meurtre et cannibalisme. Dans ce décor gris et froid, apocalyptique, un père qui se sait malade et son fils, (« l’homme » et « le petit », tels qu’ils seront identifiés tout au long du roman) transportant leurs maigres biens dans un chariot de magasin, marchent à la recherche constante des denrées nécessaires à leur vie sur une route en direction du sud où peut-être fera-t-il moins froid, où peut-être y a-t-il encore place pour l’espoir.

L’auteur et son oeuvre

Cormac McCarthy, né en 1933 (76 ans), est un des grands écrivains américains contemporains. La route (The Road) est son 10e roman, après notamment une trilogie dite de la frontière, De si jolis chevaux (1992), Le grand passage (1994), Des villes dans la plaine (1998) et surtout, Méridien de sang, peut-être son meilleur roman avant La route, et Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, également porté à l’écran et gagnant du Oscar du meilleur film 2008. McCarthy vit aujourd’hui au Nouveau-Mexique, au nord de Santa Fe.

Quelques commentaires personnels sur La route

Qu’est-ce que le monde sans monde ? L’univers, la terre sans la vie ?
Relation père (protecteur, pédagogue…) – fils (gardien du feu, de l’espoir).
Climat du chacun pour soi, le mal, les méchants.
Le sud : la chaleur, les gentils.
Le gardien du feu (pour combattre le mal, le porteur de l’espoir).
Ne pas marcher, ne pas avoir espoir.

Présentation : André Beaudet
 

Titre : Le Pavillon d'Or
Édition : Gallimard (Folio 649), 1961, 376 p.
Auteur : Yukio Mishima

Un fait divers

Kyoto, 3 juillet 1950 : le quotidien Asahi relate l'incendie criminel qui détruit le Pavillon d'Or, trésor national de plus de 5 siècles faisant partie du temple zen Rokuonji. Le coupable, retrouvé malade sur une colline derrière le temple après avoir tenté de se suicider, est un bonze, novice de 21 ans, Hayashi Shôken, étudiant de la section Chinois à l'Université Ôtani. Les motifs évoqués, rapportés par les journaux, varient : ... la haine de la Beauté, dont le Pavillon d'Or était le symbole, opposée à « la laideur de son âme et de son corps infirme »; la dégénérescence du bouddhisme endormi sur ses vieilles traditions jointe au scandale de la vie confortable des moines; la perte de tout espoir de succéder au prieur Murakami, qu'il détestait.
Reconstruit 5 ans après le désastre comme réplique identique de l'original, le Pavillon d'Or fut reconnu comme Héritage Culturel Mondial le 17 décembre 1994.

Un roman

Cet événement tragique, situé en contexte de crise « morale » de l'après-guerre, sert de trame au récit. L'écriture romantique de l'auteur, utilisant le « Je » personnel, retrace l'évolution intérieure de l'enfant bègue et laid qui, après la mort de son père, sera pris en charge par le prieur et gardien du célèbre temple Rokuonji dont le Pavillon d'Or est le joyau. L'accès à l'université malgré la pauvreté de sa mère lui est ainsi assuré. Il peut même espérer succéder à son bienfaiteur à la tête de cette importante secte zen dont la tradition remonte à 1224.
« Dès ma petite enfance, mon père, bien des fois, m'avait parlé du Pavillon d'Or ». (p.27)
Le Pavillon s'impose au jeune comme symbole indestructible d'une Beauté, extérieure et intérieure, permanente, immuable, que démentent les réalités et les expériences de la vie. Une telle Beauté cache le mal et étouffe la vie. Le jeune bonze ne pourra ni aimer ni supporter le corps infirme qui est le sien, la sexualité des amours qui s'offrent à lui et le mensonge des êtres et des choses qui l'entourent et qui progressent sans cesse en connivence avec le mal. En somme, cette dualité du beau et du laid toujours présente au Pavillon d'Or par son architecture, par les moines qui servent le temple et par les touristes qui l'admirent devra être détruite. Tout devra périr avec le Pavillon et ...
possiblement renaître, comme le Phénix qui brille sur son toit. Le novice prépare les allumettes pour le feu et cumule les somnifères et autres produits pour le suicide. Pris de panique au milieu du feu, il échappe au suicide.
« Je ne voyais pas le Pavillon d'Or lui-même. Mais seulement les volutes de fumée ...
Je contemplai le spectacle ... Comme une bête qui a échappé à ses poursuivants, je me mis à lécher mes plaies ...
Je me mis à fumer. Je me sentais l'âme d'un homme qui, sa tâche terminée, tire une bouffée. Je voulais vivre.
» (p. 375)

Un romancier

Yukio Mishima, nom de plume pour Kimatake Hiroaka, est né à Tokyo en 1925. Auteur prolifique, il publie 40 romans, poésies, essais et pièces de théâtre Kabuki moderne et drame Nô. Il est considéré comme l'écrivain le plus important de l'après-guerre et l'un des rares à tracer un portrait global de la société japonaise de cette période de crise sociale. Son nom paraîtra par trois fois sur la liste des prix Nobel de littérature. Ses romans les plus connus sont Le Pavillon d'Or (1956) et la tétralogie La Mer de la fertilité, achevé en 1970.
Tout au long de sa vie et de son oeuvre, Mishima se montre attaché aux valeurs traditionnelles et au patriotisme du Japon impérial. Engagé dans une voie de protestations politiques et sociales, il fonde en 1968 La société du bouclier inspirée par le code d'honneur des samourai. En novembre 1970, après l'échec à convaincre l'armée de renverser le gouvernement élu démocratiquement, il meurt « de façon spectaculaire » en novembre de cette même année au cours d'un seppuku au quartier général des forces armées.

Présentation : Marcel Ross
 

Titre : Le capitalisme est-il moral ?
Édition : Albin Michel, 2004, 240 p.
Auteur : André Comte-Sponville
Présentation : Jacques Bec
 

Titre : Le coeur glacé
Édition : JC Lattès, 2007, 1071 p.
Auteure : Almadena Grandes
Traductrice : Marianne Millon

Grande fresque magistrale de l’Espagne du XXe siècle marquée par les blessures de la guerre de la guerre civile de 1936. Le cœur glacé est un roman fascinant, tragique et lyrique qui raconte l’âme passionnée de l’Espagne.
Bien traduit, le livre rend admirablement l’histoire et les séquelles de la guerre laissées en partage aux familles qui en furent des protagonistes.
A travers des personnages complexes et authentiques, l’auteure explore les motivations, les convictions, les trahisons, les passions et les valeurs des uns et des autres avant, pendant et après le conflit. Elle met en évidence que l’histoire, avec un grand et un petit h, n’est jamais simple et que ce que l’on perçoit comme évident ne l’est pas nécessairement.
Écrit dans une langue musicale très typique de l’âme espagnole à la fois gaie et mélancolique, ce roman ne vous laissera pas indifférent tant au regard de ce pan de l’histoire qu’il révèle qu’en ce qui a trait aux blessures qui en ont résulté et que le peuple espagnol est peut-être en train d’exorciser. Les amants de la littérature et les férus d’histoire y trouveront leur compte!

Présentation : Sylvie Malaison
 

Titre : L'émondé
Édition : Le Noroît, 2008, 53 p.
Auteure : Judy Quinn

Judy Quinn s’est méritée, en 2008, le prix Radio-Canada pour son poème intitulé Six heure vingt. C’est la naissance de sa fille le 6 décembre 1998 qui lui a inspiré ce poème.
« Ça fait longtemps que je travaille la poésie, parfois on se décourage », affirme-t-elle. La jeune femme 35 ans se dit très disciplinée. Même si elle parvient à se réserver des mois pour écrire, elle admet que la bourse assortie au prix lui permettra plus de liberté encore.
Je crois que la poésie habite le temps et, à toutes les époques, chaque nouvelle génération interprète à sa façon le trajet de la vie. Dans la poésie, les langages se côtoient et, tout en proposant une vision du monde, font état d’une incessante quête de sens. Comme Judy Quinn, je veux que les gens commencent à s'intéresser à la poésie. C’est pourquoi, à chaque nouvelle rencontre, je présente les poètes que j’ai lus.

Je ne veux pas faire l’analyse de son recueil L’émondé, je veux juste que vous vous laissiez imprégner des mots. Votre propre vision du monde, votre propre expérience en feront émerger un sens.

Poème tiré de ce recueil
L’oiseau au plumage de feuilles mortes
s’est pris dans les mailles de ton épaule
cette nasse ancestrale
au dos de chaque chose
capture
la lumière qui s’exonde
et mêle à tes cabrures
un semblant d’envol

Présentation : Micheline Roberge
 

Titre : Lire sans papier

Même si ce n'était que par curiosité, certains membres qui ont assisté à la présentation sur ce sujet le 20 mai 2009 (voir ci-après) manifestent un intérêt pour mieux connaître ce nouvel outil.
Il est donc prévu de rassembler plus d'information sur ce phénomène (lire sans papier, papiels, livrels ou papier et encre électroniques) et même d'organiser une démonstration d'au moins un de ces livrels.

Présentation : Louis Lemieux
 

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Titre : Allez, France!
Édition : Paris, R. Laffont, 2007, 217 p.
Auteure : Janine Boissard

Une petite fille de neuf ans raconte sa famille, son école, ses amis : tendre et drôle. « Je m’appelle France, j’ai neuf ans et je viens d’entrer en CM1. Dans ma classe, il y a trois sortes de familles : les vraies, les monoparentales et les recomposées. Depuis le divorce, j’habite juste avec maman, alors moi, c’est la monoparentale. J’aime pas. Mes meilleures copines, c’est Fatima et Maria, mais on rigole bien aussi avec Ali, Tibère, Romain, Beaudoin, Ahmed et Israël. Sans compter notre maître, Hugo, hypercool. Maintenant, je vais vous raconter pourquoi tout le monde dit qu’on est la pire classe de l’école… »

Dans le petit monde de France, il y a deux maisons. Chez papa, un demi-frère encombrant, chez maman, des amoureux avec qui cela ne passe pas vraiment bien, sauf le dernier. Il y a aussi ses grands-parents, très présents du côté paternel, et puis ce grand-père inconnu qu’elle rêve de connaître et dont personne ne veut lui parler. Grâce à son professeur exceptionnel, Hugo Victor, elle apprend qu’ensemble on est plus fort pour affronter les montagnes russes d’une vie d’enfant.
C'est une vraie bonne lecture de détente.

Présentation : Gaston Bernier
 

Titre : La haine de l'Occident
Édition : Albin Michel, 2008, 298 p.
Auteur : Jean Ziegler

Jean Ziegler est professeur de sociologie à l’Université de Genève. Il fut rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008. Il est aujourd’hui membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Dans son expérience et ses fonctions internationales, Jean Ziegler « est frappé par l’hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l’endroit de ceux du Nord ».

Dans La haine de l’Occident, il décrit les racines profondes de cette haine, les mécanismes de la mémoire des peuples qui la nourrissent et les conditions d’aujourd’hui qui l’amplifient. Les peuples qui ont souffert de l’esclavage organisé par les empires coloniaux des siècles derniers se souviennent. Jean Ziegler décrit les « méandres » de leur mémoire.

Non seulement l’Occident d’aujourd’hui ne fait pas « repentance », mais il installe « un ordre occidental globalisé » qui entraîne des formes différentes mais tout aussi efficaces de domination et d’exploitation du Sud. « De l’esclavagiste au prédateur omnivore », titre Jean Ziegler. Il cite notamment le ministre de la Justice de la Côte d’Ivoire à la Conférence mondiale de l’ONU contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, à Durban en 2001 : « Si vous pensez que l’esclavage a disparu, pensez à nouveau ... Les Noirs ne sont plus embarqués sur des bateaux vers les Antilles et les Amériques. Ils restent sur leur sol. Ils transpirent sang et eau pour voir le prix de leur travail négocié à Londres, Paris ou New York. Les esclavagistes ne sont pas morts. Ils sont transformés en spéculateurs boursiers » (pp 95-96).

Jean Ziegler illustre son propos par 4 exemples bien documentés :
* La destruction du marché africain du coton
* L’accord inéquitable de partenariat de l’Union européenne avec 76 pays sous-développés
* La « fabrique de la haine » au Nigéria
* La fragilité de la révolution d’Evo Morales en Bolivie

L’ouvrage de Jean Ziegler est un document choc. Il nous interroge, occidentaux que nous sommes tous, à partir d’un parcours bien documenté et riche de nombreuses expériences de terrain.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : Lire sans papier
Des liens ont été ajoutés ici pour compenser un texte succinct à un vaste sujet.

Il s'agit d'un phénomène plutôt nouveau et il évolue très rapidement.
Pour mieux le faire connaître, je présente quelques éléments descriptifs qui ne méritent qu'à être enrichis selon son évolution.

1-Lire sans papier?
Ce n'est pas de la science-fiction, nous sommes passés de la pierre, au parchemin puis au papier manuscrit et enfin au papier imprimé. Nous sommes maintenant rendus à Lire sans papier.
Les lecteurs numériques, appelés aussi « readers » ou « livrels », ne sont pas des ordinateurs. Ce sont de petits terminaux légers au format de livre de poche, de petites tablettes sur lesquelles on peut lire son journal du jour ou n’importe quel bouquin sous forme numérique.
Ils sont donc à peu près à l’écrit ce que les lecteurs MP3 sont à la musique: un petit support ultra pratique, compact, qui apporte une nouvelle façon de lire. Surprenants, ils n’ont ni clavier, ni écran à cristaux liquides irritant pour les yeux, ni rétro-éclairage. Comme le vrai papier, ils fonctionnent sur le contraste de la lumière ambiante. Ils ne nécessitent ni papier ni encre polluante, et consomment extrêmement peu d’énergie. On peut lire jusqu'à 8 000 pages avant de devoir les recharger. Leur contenu se met à jour en temps réel, soit en le branchant à votre ordinateur via un port USB, soit par le sans fils.

2-Le papier, un agent pollueur?
La technologie des écrans sans papier sauve des arbres
«...Destructrice des forêts, pollueuse de l'air et de l'eau, génératrice de déchets qui encombrent les décharges, l'industrie papetière souffre d'une image environnementale négative...» http://www.leroyer.fr/sections.php?op=viewarticle&artid=3

  • Il faut 12 arbres pour produire une tonne de papier imprimé,
  • un arbre mature produit de l’oxygène pour 10 personnes durant une année,
  • l'industrie du livre utilise à peine 5% du papier recyclé,
  • 35% des livres imprimés retournés aux éditeurs finissent dans des sites d’enfouissement,
  • l’édition du dimanche du New York Times nécessite 75,000 arbres..
    http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2009/01/20090123-093543.html
Livre électronique ou livre papier : lequel est le plus écologique?
«...Tous les éléments avancés ont une grande part de réalité, et les arguments
ne manqueront jamais pour les partisans de l'un ou de l'autre...»
«...Et c'est sans compter le côté sentimental que l'on peut accorder aux livres
papier, que d'aucuns opposeraient facilement à la froideur du livre
électronique....»
http://www.actualitte.com/actualite/4290-ebook-livre-papier-ecologie-electronique.htm

3-La tendance
Comme nous l'observons déjà, plusieurs producteurs de documents dans le monde limitent l'envoi de documents sous forme de papier ou encore mieux, n'envoient tout simplement plus de documents sous la forme de papier!
http://www.ledevoir.com/2009/02/12/commentaires/0902150135468.html
http://www.ledevoir.com/2009/02/12/233169.html
http://www.ledevoir.com/2009/02/09/232582.html
http://www.directioninformatique.com/DI/client/fr/DirectionInformatique/Nouvelles.asp?id=51697&PageMem=2
http://www.directioninformatique.com/DI/client/fr/DirectionInformatique/Nouvelles.asp?sub=true&id=52515

4-Les ressources en documents numériques
Pour ne citer que ceux-là, Amazon offre actuellement 230 000 livres électroniques pour le Kindle.
Il existe déjà sur le Web des dizaines de sites francophones qui offrent des livres numériques gratuitement.
La Bibliothèque et Archives nationales du Québec offre plus de 4 000 livres gratuits disponibles dans 900 catégories de plus de 600 auteurs. Gallica propose un accès à 90 000 ouvrages numérisés, à plus de 80 000 images et à plusieurs dizaines d'heures de ressources sonores. Book and You offre des milliers de livres en trois langues gratuitement. Au moment de lire ces lignes, ces données auront probablement changées sensiblement.

http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2009/02/20090209-102107.html
http://www.pitbook.com/
http://www.ebooksgratuits.com/
http://www.livrespourtous.com/
http://gallica.bnf.fr/
http://www.rfbnn.org/search
http://www.bookandyou.com/index.php?lang=fr_FR&gclid=CMXxxr278JgCFQECGgodexrz0Q
http://www.educnet.education.fr/dossier/rechercher/ressources/bibliotheques-numeriques

5-Les équipements
Des choix parmi plusieurs produitsdont entre autres: Le Kindle 2.0,
http://content.zdnet.com/2346-9595_22-267140.html
http://www.radio-canada.ca/radio/techno/accueil-02-09-2009.shtml
http://www.zdiaz.com/fr/2007/12/the-future-of-reading-the-amazon-kindle/
http://www.crunchgear.com/2009/02/25/10-reasons-to-buy-a-kindle-2-and-10-reasons-not-to/
http://ireaderreview.com/should-i-buy-a-kindle/
le iRex ou le Reader de Sony,
http://www.ledevoir.com/2009/02/09/commentaires/0902100849698.html
le Papyrus de Sammsung...
http://papierelectronique.blogspot.com/
et probablement d'autres depuis que j'ai écris ces lignes.

6-Des gestes concrets
Le Parlement fédéral suisse va intégrer des dispositifs e-paper en équipant chaque parlementaire d'une tablette électronique dès le début de la prochaine législature à l'automne 2011.
http://www.cluster21.com/blog/nouvolivractu/lire_sans_papier

7-Une alternative: l'audio
La lecture à l'écran vous fatigue?
Que cela ne tienne, vous pouvez écouter des romans, des feuilletons, des contes, des nouvelles, des poèmes d'auteur classique ou contemporain comme par exemple, toute l'oeuvre de Guy de Maupassant sous la forme de livres audio gratuits.
http://www.guydemaupassant.fr/maupassant.htm

Plus de 600 livres audio gratuits
http://www.litteratureaudio.com/
http://www.bonnesnouvelles.net/
http://www.audiocite.net/


Si ce petit survol du phénomène vous a intéressé, pourquoi ne pas prendre le relai pour compléter et documenter cette présentation dans un futur atelier de notre club «Lire aux éclats»?

En savoir plus?
Mon journal du futur, Mai 2008: http://www.carolinerochet.com/categorie-1232217.html
Le papier électronique:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Papier_%C3%A9lectronique
http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/dossier.php?langue=fr&preview=&id_dossier=421
http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39128944,00.htm
http://www.vnunet.fr/news/l_encre_electronique_fait_la_une_du_magazine_americain_esquire-2028177
http://www.e24.fr/chroniques/tectoniquedesclics/article88661.ece/Le-potentiel-de-l-encre-electronique.html
http://www.presence-pc.com/actualite/e-ink-vizplex-23237/
http://www.perspectives-sts.qc.ca/spip.php?page=defi2&id_rubrique=23
(en trois vidéos): http://www.journaldunet.com/solutions/acteurs/reportage/07/0713-papier-electronique/1.shtml
Présentation : Louis Lemieux
 

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Titre : Pour en finir avec Dieu
Édition : Robert Laffont, 2006, 425 p.
Auteure : Richard Dawkins

«Dans une attaque frontale contre la religion et la barbarie qu’elle a trop souvent engendrée, Richard Dawkins dénonce l’illusion de Dieu. Jugeant que de trop nombreux scientifiques s’inclinent lâchement devant les théologiens, il estime que l’hypothèse de Dieu doit être analysée avec les mêmes outils rationnels et le même scepticisme que n’importe quelle autre. Il s’attache donc à faire la démonstration de la probabilité extrêmement faible de son existence.»

Richard Dawkins est  biologiste. Son approche est strictement scientifique. Ayant établi qu’il est impossible de prouver l’existence de Dieu par la seule approche valable qu’est l’approche scientifique, il invite le lecteur à découvrir la splendeur du monde réel à travers le prisme de la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle de Darwin. Il a une obsession manifeste :  lutter contre le créationnisme.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre : La confusion des sentiments
Édition : LGF - Livre de Poche (1992), 1927, 126 p.
Auteur : Stefan Zweig

J'ai eu la surprise d'apercevoir en librairie ces petits folios à 4.00$. Ils contiennent des nouvelles, ces récits généralement brefs de construction dramatique, et présentant des personnages peu nombreux (Le Petit Robert). J'ai ouvert Soie - Baricco, Papillon et La lionne – Mishima et Le Vicomte pourfendu- Calvino. Autant de lectures qui servent à contrer très avantageusement les soirs d'ennui télévisé !

J'ai retenu La confusion des sentiments de Stefan Zweig (1927).

Le récit

Rébarbatif à toute forme de culture, Roland est poussé par son père vers un enseignant passionné par le théâtre de Shakespeare. À certaines heures, ce vieillard attire et fascine les jeunes étudiants; à d'autres moments, il les rebutent et les éloignent. À peine âgé de 19 ans et protégé-associé de son prof, Roland vit difficilement et dans la confusion ce jeu de l'amour et la haine. « ... tout en essayant d'analyser à quoi est dû le magnétisme de son professeur de philologie, (Roland) se laisse vite gagner par un sentiment passionné, où se mêlent un enthousiasme juvénile et une admiration presque filiale, et qui grandit de jour en jour jusqu'à friser l'idolâtrie. ... Face à cette demande affective le professeur a un comportement tout à fait imprévisible. Tantôt il le laisse avec tendresse s'approcher de lui, parfois il le repousse avec irritation.» Un soir d'intime et dramatique dialogue, le vieillard et Roland se sépareront à tout jamais.

L'auteur

Autrichien, fils d'un industriel, Stefan Zweig (1881-1942) est, à 23 ans, docteur en philosophie. Tôt, il deviendra célèbre par ses nouvelles, par son amour de la poésie et des poètes et comme auteur de pièces de théâtre. Il sera en contact avec nombre d'écrivains et de chercheurs les mieux connus de son époque. On note, entre autres, l'intérêt de Freud pour les nouvelles de Zweig, « ... qui n'a pas craint de choisir un sujet ô combien tabou en ce premier tiers du siècle, peint l'attraction réciproque des deux hommes, naïve et sans la conscience du péché de la part de Roland, plus perverse et plus douloureuse chez le professeu». Freud félicitait même «....chaleureusement Zweig d'avoir su dans La confusion des sentiments rendre présent ce douloureux problème sans s'aventurer dans l'interprétation : d'avoir su montrer un tabou avec toute la complexité du phénomène, sans gâcher ni son art, ni la vérité, sans bousillage idéologique.... ». Il ajoute : «La nature humaine est bisexuelle. Cette démonstration se fait chez Zweig avec tant d'art, de franchise et d'amour du vrai, elle est si libre de tout mensonge et de toute sentimentalité propre à notre époque que je reconnais volontiers ne rien pouvoir m'imaginer plus réussi».
http://delpiano.club.fr/ONPA_Zweig_Confusion.htm

Ardent pacifiste, Zweig verra la montée du nazisme, l'arrivée d'Hitler au pouvoir et l'intensification de l'antisémitisme. Passant par l'Angleterre, il réfugiera au Brésil. Dégoûté par la guerre, il écrira au soir de son suicide : «Aussi, je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps, et la tête haute, à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde». Sa femme le suivra dans la mort.

Présentation : Marcel Ross
 

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Titre : Quelque chose a changé
Édition : Trèfle à quatre feuilles, 2009, 62 p.
Auteure : Micheline Roberge
« Nous avons tellement besoin de poésie. D'une poésie si semblable à la vie qu'elle en devient une sorte de respiration essentielle. .......
... Et le poète est celui qui dit OUI à la vie, aux mystères et à l'inconnu en avançant vers les autres. .............
Voici donc les très beaux poèmes de Micheline Roberge. Ils cheminent vers nous, lecteurs, et nous demandent d'ouvrir enfin les yeux. Comme si c'était la première fois ! »
(Extrait de la Préface offerte par Michel Pleau, lauréat du prix du Gouverneur général du Canada 2008)

NOTE : À plusieurs reprises au cours des rencontres du club de lecture Lire aux éclats, Micheline a fait part de ses intérêts, de ses recherches et de ses projets en poésie.
Avec enthousiasme, elle a aussi introduit les membres à d'autres poètes du Québec et d'ailleurs.
Celles et ceux qui ont pu jouir de sa participation l'en remercie et lui souhaitent encore plusieurs 'gambades' dans la lumière.

Présentation : Micheline Roberge
 

Titre : L'Homme-Dieu ou le sens de la vie
Édition : Grasset-Livre de Poche, 1996, 184 p.
Auteur : Luc Ferry
Nous connaissons Luc Ferry, nous, anciens du ministère de l'Éducation du Québec, peut-être surtout parce qu’il fut ministre de l’Éducation en France de 2002 à 2004.

Agrégé de philosophie et de sciences politiques, Luc Ferry est un auteur très médiatisé et prolifique. Sa bibliographie est importante, près d’un volume par année depuis 1984. L'Homme-Dieu ou le Sens de la vie, un lire toujours actuel, est d’abord paru en 1995 chez Grasset et l’année suivante chez Grasset-Livre de poche.

L'Homme-Dieu ... se compose d’une longue introduction, Du sens de la vie : le retrait d’une question, une réflexion très intéressante sur l’évolution du sens de la vie qui, passé du religieux-public au laïc-privé, laisse place à une spiritualité laïque. Suivent trois chapitres dont les deux premiers décrivent un double processus : I) L'humanisation du divin : de Jean-Paul II à Drewermann; II) La divinisation de l'humain : La sécularisation de l'éthique et la naissance de l'amour moderne et III) Le sacré à visage humain. La conclusion développe ce que l’auteur appelle L’humanisme de l’homme-Dieu, identifiant nettement Ferry comme « athée chrétien » selon l’expression de Michel Onfray dans son Traité d’athéologie.

Luc Ferry est un essayiste que j’aime lire. L’an dernier, j’ai aussi beaucoup apprécié son Familles, je vous aime : un magnifique essai sur la place de la famille aujourd’hui que je vous conseille également de lire.

Présentation : André Beaudet
 

Titre : La Sagesse des Anciens
Édition : AdA Inc. Eds, 2005, 373 p.
Auteur : Wayne W. Dyer
Le sous-titre de cet ouvrage est :"Comment intégrer des vérités éternelles dans votre vie de tous les jours". Le Dr Dyer a réuni ici une soixantaine d'auteurs dont il a extrait une citation qu'il commente en autant de courts chapîtres. Il nous suggère de nous en inspirer quotidiennement dans la gouverne de notre vie. Cela va de Bouddha à Confucius, Jésus, Léonard de Vinci, Shakespeare, Longfellow, Gandhi, Teilhard de Chardin, etc.
Les voies réunies ici appartiennent à différentes époques et à différentes cultures. Néanmoins elles nous parlent de vérités universelles touchant la condition humaine. Elles nous offrent une occasion de nourrir notre coeur et notre esprit. À chacun d'en tirer profit...s'il le veut bien ! Comme dit le vieux proverbe : on peut toujours conduire un cheval à l'abreuvoir, mais on ne peut pas le forcer à boire !
À titre d'exemple, je ne peux résister à transcrire ici une citation que j'ai délibérément choisie, tout 'retraité' que je suis :
                        "Éloignez-vous de temps en temps,
                         détendez-vous un peu,
                         et Votre jugement sera plus sûr
                        quand vous retournerez
                        à votre travail ;
                         car un travail ininterrompu
                         finira pas altérer votre jugement..
."
                                                                                                       Léonard de Vincin (1452-1519) 
Bonne lecture !
Présentation : Jacques Roberge
 

Titre : Self-Consciousness- Memoirs
Édition : Alfred A. Knopf, New York, 1989, 258 p.
Auteur : John Updike
Écrivain américain

L'un des plus important de sa génération, John Updike ne m'était connu que de nom. Une note dans la page culturelle de Le Devoir, 27 janvier'09, signalait sa mort à l'âge de 76 ans.

Né en 1932 d'un père enseignant et d'une mère écrivaine, John Updike vit et étudie à Shillington (Pennsylvanie) jusqu'à sa graduation au High School de l'endroit en 1950. Boursier, il fréquente Harvard College et poursuit ses études à Ruskin School of Drawing and Fine Art in Oxford (England) avec l'intention de devenir cartoonist et humorist.

Entre 1955-'57, il joint l'équipe de The New Yorker et en demeurera un libre et prolifique collaborateur pendant près de 50 ans avec plus ou moins 800 titres à son actif. S'ajoutent de nombreux romans, dont les plus populaires appartiennent à la série Rabbit run, des nouvelles et des recueils de poésie. Il reçoit entre autres les prix Pulitzer, American Book Award et National Book Critics Circle Award.

Self-Conciousness – Mémoirs

Les mémoires de John Updike sont de plaisantes anecdotes et de sérieuses réflexions à propos de lieux, de temps et des personnes qui ont accompagné son 'éveil-à-soi' (self-awareness) et qui, à travers ses malaises et ses succès, ont formé sa 'conscience de soi' (self-consciouness). Il cite Rimbaud : " Le JE est les autres. "

L'ouvrage est composé de 6 chapitres. Non pas sur le modèle d'une ligne de vie, d'un C.V., mais sous forme de retours sur ce qu'il a été, sur ce qu'il est devenu et sur ce qu'il en restera de son 'JE'. Il se promène d'abord dans son village natal, là où se formera son premier 'soi' social, villageois, qui demeurera toujours présent dans ses oeuvres. Puis il s'attarde à sa peau, atteinte de psoriosis, qui sera à la source de la gêne et d'un embarras corporel qui pourtant procurent des moments de solitude et d'écriture. L'asthme et le bégaiement lui apprennent la difficulté du discours et la valeur de la communication. Être démocrate sans être une 'colombe' durant la guerre au Vietnam lui montre à 'être politique' dans la différence. Au moment de rédiger une lettre à ses petits-fils, il met en lien les générations porteuses de la marque 'Updike' que les jeunes auront à aménager dans un nouvel univers. En 6e chapitre, au chevet de sa mère, c'est avec tout ce que cumule ce 'JE' unique et intime qu'il écrit sur la mort, la religion et Dieu.

En résumé

Les mémoires se présentent comme six essais sur le thème de la 'conscience de soi'. Il s'agit, tout au long de l'ouvrage, de la façon dont on vit le 'JE', dont on en prend conscience, dont on se le représente, le ressent, l'intellectualise et l'envisage finalement comme mystère.

Un modèle ... pour qui désire écrire ses mémoires !

Présentation : Marcel Ross
 

Titre : Les Fonctionnaires : politique, bureautique et jeux de pouvoir
Édition : Septentrion (Essais & documents), 2009, 264 p.
Auteur : Jean Laliberté
" Après avoir décrit les particularités de la fonction publique, Jean Laliberté dévoile les vraies règles du jeu, les stratégies des gagnants,les talents qu'il importe de maîtriser, les tactiques utilisées et les pièges qui doivent être évités par les fonctionnaires qui veulent réussir ou simplement survivre dans ce milieu.
.............
Jean Laliberté a fait carrière dans la fonction publique, travaillant pour plusieurs ministères et organismes, y compris le Conseil du trésor, le ministère du Conseil exécutif et le ministère des Finances, tant à Ottawa qu'à Québec.
"
(Notes de l'Éditeur)
Présentation : Sylvie Malaison
 

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Titre : La crise de la culture - Huit exercices de pensée politique
Édition : Gallimard (Essais – Folio 1130), 2008, 380 p.
Auteur : Hannah Arendt

Au long d'un automne québécois fait de discours, commentaires, parlures, graffitis et détournements politiques, il m'a fallu arrêter quelque part, fermer tous les postes, m'éloigner et faire silence. Question de fatigue et de santé de l'esprit ! C'est alors qu'au hasard d'une librairie, les exercices de pensée politique d'Hannah Arendt se sont trouvés là, devant, juste à hauteur de vue.

Née en 1906 à Hanovre et décédée en 1975 à New York, Hannah Arendt est devenue, au cours de ses 69 ans mouvementés, l'une des penseurs politiques les plus éminents du XXième siècle. Fascinée par M. Heidegger et assidue aux conférences d'E. Husserl, elle complète en 1929, sous la direction de K. Jaspers, une dissertation doctorale sur le thème de l'amour dans les écrits de s. Augustin. Juive, elle fuit l'Allemagne en 1933 et séjourne à Paris jusqu'en 1939. Elle s'établira aux États-Unis pour enseigner et écrire sur l'histoire et l'actualité de la philosophie politique avec la conviction que « chaque génération nouvelle, chaque homme nouveau doit redécouvrir laborieusement l'activité de pensée » ... «dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable ».

Le recueil d'essais La crise de la culture - publié sous un titre rendant mieux le thème unificateur des réflexions Between Past and Future - couvre la période de 1954 à 1968. Ces huit exercices de pensée politique en notre siècle publiés en différentes revues sont regroupés en trois parties : 1) la rupture dans la tradition et le concept d'histoire; 2) les concepts centraux d'autorité et de liberté; 3) quatre problèmes immédiats que sont l'éducation, la culture, vérité et politique, conquête de l'espace et dimension de l'homme.

En complément, lire dans Le Devoir :
Présentation : Marcel Ross
 

Titre : Le vieux qui lisait des romans d'amour
Édition : Métailié, 1992, +- 120 p.
Auteur : Luis Sepůlveda

Luis Sepùlveda est un écrivain chilien au parcours atypique : communiste – révolutionnaire – prisonnier politique – exilé – pigiste – cinéaste - globe-trotter. Son premier roman, publié à la mi-quarantaine, lui a valu instantanément une renommée internationale. « Le vieux qui lisait des romains d’amour » a été traduit en 35 langues et porté à l’écran en 2001.

Le titre n’est qu’un détail dans ce court roman qui est, en fait, un plaidoyer pour la protection de l’environnement et particulièrement de la forêt amazonienne qu’il connaît bien. La qualité de l’écriture est exceptionnelle; c’est pratiquement de la prose poétique ou de la poésie en prose, selon.

La présente édition (Métailié) est enrichie d’un autre court roman de Sepûlveda Le neveu d’Amérique est une sorte d’autobiographie romancée, une sorte de voyage initiatique résumant ses pérégrinations à travers l’Amérique du Sud et l’Europe pour aboutir au village natal de son grand-père en Espagne où il vit actuellement. Là encore, son talent de conteur ne se dément pas.

Gaston Bernier

Présentation : Gaston Bernier
 

Titre : Docteure Irma
Édition : Québec Amérique
- tome 1, La louve blanche, 2006, 536 p.
- tome 2, L'Indomptable, 2008, 469 p
Auteur : Pauline Gill

Roman historique. - Le volet historique raconte la vie d’Irma Levasseur, la première femme canadienne-française à exercer la médecine au Québec. Elle a dû briser de nombreux tabous, tant pour ses études de médecine et son droit de pratique que face aux préjugés des autorités et de ses confrères. Née dans le quartier St-Roch de Québec, sa vie est un continuel combat pour réaliser son projet professionnel : devenir médecin pour soigner les enfants. Elle fondera l’Hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital de l’Enfant-Jésus. Elle s’occupera de santé publique pour la ville de New-York et s’engagera en Serbie sous l’égide de la Croix-Rouge pendant la guerre de 1914.

Sa vie à New-York est également motivée par sa deuxième passion : retrouver sa mère, cantatrice, qui a quitté subitement son mari et ses deux jeunes enfants un soir après un concert à Québec. C’est le volet roman de l'oeuvre. Comme le dit Mme Gill, « certains acteurs et événements de la vie intime (d’Irma Levasseur) sont fictifs » (Note de l’auteure).

Il est parfois difficile de départager les faits historiques des éléments fictifs de la vie d’Irma Levasseur, surtout autour de l’histoire de sa mère. L'oeuvre de Pauline Gill a néanmoins l’avantage de nous faire revivre la vie d’une pionnière dans la réalité de la vie quotidienne de l’histoire québécoise. L’approche est dynamique.

Présentation : Michel Brunet
 

Titre 1 : Messages au « frère » Trudeau
Édition : Éditions de ma Grand-Mère, 1979, 184 p.
Auteur : François-J. Lessard
Titre 2 : Les héritiers de l'impérialisme romain
Éditrice : Louise Courteau, 2005, 380 p.

UN INDÉPENDANTISTE ET UN ICONOCLASTE ! - Si je n'avais pas lu une notice nécrologique dans Le Devoir en septembre 2005 , je n'aurais peut-être jamais connu François-J. Lessard (1919 - 2005) ni les deux ouvrages qu'il a écrits. Celui que l'on surnommait « Le Vieux Tigre de la rue St-Jacques » s'est illustré comme courtier en valeurs mobilières et promoteur de l'usage de la langue française dans le monde des affaires alors unilingue anglophone à Montréal. Il a fortement contribué à évacuer les peurs de la société québécoise et du gouvernement du Québec face au monde de la haute finance, chasse-gardée des Anglophones. J'en passe...
 
En 1979, il publie un livre-choc intitulé Messages au « frère » Trudeau, auquel l'ancien premier ministre du Canada n'a jamais jamais osé répliquer tellement les faits révélés étaient embarrassants. Et pour cause, car on y apprend que Trudeau, ami de longue date de l'auteur - ils ont étudié ensemble au Collège Sainte-Marie - fut membre d'une société secrète fondée à l'époque de la révolte des Patriotes - la Loge des Chasseurs - vouée à l'indépendance du Québec !

En avril 2005, à 86 ans, François-J. Lessard publie chez Louise Courteau, éditrice, le fruit de 25 ans de recherches rigoureuses sur les agissements des papes depuis le IVième siècle jusqu'à nos jours. Les héritiers de l'impérialisme romain relate les exactions de Rome pour garder le contrôle administratif de l'organisation largement lucrative qu'elle a défendue à coup de menaces, de guerres, d'Inquisition et d'excommunications. Homme de foi profonde, l'auteur conclut : « L'Église romaine, non! L'Église catholique, oui! ». À une époque où « ce que l'on vous chuchote à l'oreille sera proclamé sur les toits », cette histoire revisitée pourra surprendre sinon scandaliser bien des coeurs sensibles qui marinaient encore dans une ignorance bien entretenue.
 
Si cela vous intéresse, j'ai trouvé ces deux livres à la Bibliothèque de Québec. Le premier venait de la bibliothèque de Ste-Foy; le second de la bibliothèque de Charlesbourg. Voilà donc un effet de diffusion de la culture dû à la fusion que vous savez !

Présentation : Jacques Roberge
 

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Titre 1 : Le promeneur d'Afrique
Édition : Hurtubise HMH, collection América, 2006, 196 p.
Auteur : Michel Leclerc
Titre 2 : Un été sans histoire
Édition : Hurtubise HMH, collection América, 2007, 243 p.
Auteur : Michel Leclerc
Titre 3 : La fille du Prado
Édition : Hurtubise HMH, collection América, 2008, 238 p.
Auteur : Michel Leclerc

Poète et romancier, né à Montréal, Michel Leclerc travaille actuellement à la Délégation générale du Québec à Paris. De 2006 à 2008, il a publié trois romans. Il a aussi publié deux essais : La science politique au Québec (1982) et Les enjeux économiques et politiques de l’innovation (1990) et huit recueils de poésies (1972 à 2007).

L’écriture de Michel est à la fois poétique et recherchée. Les sujets de ses romans sont originaux, ses personnages attachants et les intrigues crédibles. Toujours, il sait retenir l’intérêt du lecteur.

Le promeneur d’Afrique : L’histoire se déroule au Québec et au Burkina Faso. Les descriptions sont réalistes et l’histoire touchante.

Un été sans histoire : Un auteur en passe d’inspiration se réfugie en Gaspésie. Une réflexion sur la solitude à la fois crainte et recherchée, richesse du vocabulaire, comme dans ses deux autres romans.

La fille du Prado : L’intrigue se joue à Madrid dans les années 1989-90 autour du magnifique tableau de Diego Vélasquez : Les ménimes (1657). Cette histoire suscite une réflexion au regard du trouble que peut provoquer la vue d’un tel tableau.

Présentation : Micheline Roberge
 

Titre : Ébène, Aventures africaines
Édition : Plon (Collection : Pocket), 2000, 376 p.
Auteur : Ryszard Kapuscinski

L'auteur est né en Pologne en 1932. Après des études en histoire, il devient reporter et parcourt le monde. En 1958, il arrive à Accra, la capitale du Ghana. C'est le début d'une passion qui ne le quittera plus jamais : il sillonne le continent noir en tout sens, habite les quartiers des Africains, dans des conditions de vie au péril de sa santé (malaria, tuberculose).
R. Kapuscinski nous raconte dans cet ouvrage quelques-unes de ses aventures ou voyages : il croise des potentats comme Nkruma, Kenyatta, Idi Amin, est témoinde coups d'État et de guerres civiles; il essuie des fusillades, affronte des tempêtes de sable et supporte l'indescriptible chaleur africaine. Mais l'auteur s'intéresse surtout aux gens et sait gagner leur confiance. Le tumulte de la vie quotidienne des Africains le passionne davantage que les corruptions, les épidémies et les guerres meurtrières.
J'ai dévoré les 29 chapîtres d 'Ébene en me disant que mes deux séjours en Afrique (Bénin 1985; Kenya 2006) étaient une visite à Disneyland en comparaison de ce qu'y a vécu Ryszard Kapuscinski !

Présentation : Jacques Roberge
 

Titre 1 : Barack Obama, de l'anonymat à la présidence
Édition : Guy Saint-Jean, 15 janvier 2009
Auteur : Time Inc. Home Entertainment
Titre 2 : Les rêves de mon père
Édition : Points (Collection : Points), 2008, 571 p.
Auteur : Barack Obama

Sur et de Barack Obama

Barack Obama, de l’anonymat à la présidence
Un beau livre grand format d’une centaine de pages dont les deux-tiers sont en photographies de Callie Shellet qui suit Barack Obama depuis janvier 2006 pour le Time, le reste en une dizaine d’articles récents également tirés du Time. On a dit de ce volume qu’il était un « essai de déification »  d’Obama. Peut-être, mais j’ai quand même bien aimé.

Les rêves de mon père
Autobiographie écrite par Obama en 1995. Il était alors âgé de 34 ans, n’envisageait pas devenir président des Etats-Unis, ne connaissait pas encore Michelle Robinson qui allait devenir d’abord sa patronne puis son épouse. Après son élection au titre de président de la Harvard Law Review, la plus prestigieuse revue de droit produit par la plus prestigieuse université du monde, un éditeur lui a demandé, moyennant une avance, d’écrire ce livre. Il était le premier Afro-américain à accéder à ce poste.

Le livre raconte sa naissance à Hawaï (1er mariage de sa mère avec Barack Obama père), son séjour aux Philippines (2e mariage de sa mère), son retour à Hawaï où il est pris en charge par ses grands-parents maternels, ses études, son travail d’animateur social à Chicago, son inscription à la faculté de droit à Harvard et enfin son voyage au Kenya, pays de son père : il y a plein de demis–frères et demies –soeurs, de tantes et d’oncles. Simone de Beauvoir a écrit : « On ne naît pas femme, on le devient ». De même peut-on dire « On ne naît pas noir, on le devient ». C’est ce fascinant processus que nous raconte brillamment Barack Obama.

Présentation : André Beaudet
 

Titre 1 : Désert
Édition : Gallimard (Folio 1670), Paris, 1980, 439 p.
Auteur : J.M.G. Le Clézio
Titre 2 : L'Africain
Édition : Mercure de France (Folio 4250), 2004, 125 p.
Auteur : J.M.G. Le Clézio

1. Le Prix Nobel
Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. De famille bretonne émigrée à l'île Maurice et de nationalité britannique, Le Clézio se considère de culture mauricienne et de langue française. Élevé au Nigéria à partir de l'âge de sept ans, il connaîtra le Mexique et la Corée, développant un intérêt marqué pour les textes mythiques et épiques, pour l'étude de l'histoire et ainsi que pour la mythologie et les rites chamaniques.

Prix Nobel de littérature 2008, Le Clézio est notamment connu pour trois oeuvres : Désert (1980), Le Rêve mexicain (1988) et L'Africain (2004).

Voir J.M.G. Le Clézio : Dans la forêt des paradoxes - Conférence Nobel - Le 7 décembre 2008 :
http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2008/clezio-lecture_fr.pdf

2. Les thèmes d'écriture
Le roman Désert est un récit plein de révolte, de sensibilité et de poésie. Lalla, une toute jeune fille qui « a pour ancêtres les  hommes bleus, guerriers du désert du Rio de Oro, chassés et traqués du sud au nord par les conquérants français, puis impitoyablement massacrés. Mais le sang des hommes bleus a survécu en Lalla (...) Marquée par la puissance de la nature et des légendes », elle s'évade au désert et vit un exil dans un quartier misérable de Marseille. Elle retourvera, seule, son univers natal « en rescapée de l'enfer des hommes » pour donner naissance à son enfant.

Avec L'Africain, Le Clézio s'éloigne du thème de la révolte (haine de l'impérialisme colonial, rejet de la guerre destructrice, exploitation par la prostitution et le trafic humain) pour s'attacher à l'évocation de la famille. Il s'agit de son enfance fascinée par l'Afrique et de sa relation avec son père. Son grand-père, sa mère et sa femme inspirerons également plusieurs de ses textes.

Présentation : Marcel Ross
 

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